Samedi 18, Deuxième partie ... la nuit !!

Publié le par Juliette

Et oui, quand il n'y en a plus, il y en a encore !!!
Donc nous avons pris le bus, avec le groupe entier, (difficile par ailleurs de trouver des places assises, tous les bus en partance pour le Mont Fuji étaient pleins pleins pleins !! Heureusement on a eu de la chance, assis, nous avons pu ... dormir pendant les 30-40minutes du trajet !!!

Le bus emmène directement à la 5è station des 11 stations du Mont Fuji, c'est à dire à environ 2300mètres d'altitude. Rappelons que le Mont Fuji fait 3776 mètres d'altitude, ce qui faisait donc encore de la marche.
En THEORIE, l'ascension à partir de la 5è station met 3-4h ...
Nous allons voir que, dans la pratique, cela peut être différent, notamment quand on confond les chemins escarpés de l'ascension avec les files d'attentes de Disneyland.

Nous sommes donc arrivés à la 5è station à peu près au soleil couchant :



Rappelons que le but, était d'arriver au sommet pour le lever du soleil, avec donc une ascension nocturne.

Le Mont Fuji, à notre arrivée à la 5e station


Motivés mais surtout ... émerveillés

Un peu effrayant aussi quand même ... c'est avec lui qu'on va monter ?????

Bon, il fait nuit, on y va !!! (sur le panneau climbing route : chemin d'ascension)

Petite photo de notre groupe pour le départ

Parfois, des lumières émergent dans l'obscurité ..

En réalité, durant toute l'ascension, on peut observer des miliers de petites lumières le long du chemin d'ascension. Des miliers?  Oui !! Car nous étions bien des miliers sur ce volcan ce soir là, tous à marcher, à partager leur effort, vers un seul but. Avec du soutien réciproque, de l'entraide et parfois aussi avec toujours cette mentalité qui gâche les belles actions, celle de l'opportunisme et de l'égoisme.
Dans tous les cas, la vision nocturne était sublime, qui plus est sous la lumière de la pleine lune ... une expérience magique.

On peut séparer, je crois, le chemin de l'ascension du Mont Fuji en 4 types de terrains différents :


- le premier est particulier : il commence par descendre !!! On se retrouve dans une sorte de petite lisière de forêt, avec des roches, des racines qui parcourent le chemin, et des arbres qui nous entourent

- le second est le plus simple : il est très large, avance en zigzag, au sol plutot solide, et parfois même des escaliers ont été créés. De ces escaliers très larges et peu hauts si singuliers.

-
le troisième parcours ressemble plus à de l'escalade : il faut s'appuyer sur les roches et les rocher pour monter. Parfois, une chaîne en métal nous guide. Le chemin est très étroit on y passe difficilement à plus de 2 en même temps. Dans certains endroit, passer à une personne est obligatoire.

- enfin le dernier est le plus terrible des 4. Non seulement par le fait qu'à la fin, il y fait plus froid et que nous avons déjà exploité beaucoup de nos forces, mais surtout parce que le chemin est etroit et glissant. Glissant à cause de la tonne de petits gravillons dans lesquels on s'enfonce et sur lesquels on dérape. Il faut faire deux pas pour avancer d'un. C'est un chemin très découragant, car sitôt qu'on pense avoir atteint le sommet, on aperçoit une bifurcation qui montre encore 1, 2, 3 voire 4 km à parcourir, encore, et encore. Cela donne le sentiment que le chemin n'a pas de fin, et en même temps, c'est tellement symbolique !

6è station : première pensée "Quoi ? déjà ? ca sera du gateau !!"

Les fameuses marches du niveau 2
(en tout cas, eux étaient prévenus qu'il ferait froid ...)

On a atteint la 7e station ... un peu plus froid déjà ... (on rappelle qu'il y a 11 stations ...)

Le sentier 3 ... ça escalade ...

Il y a foule à la station 8 ... déjà dans le chemin 3 il était beaucoup plus difficile d'avancer, trop de monde...
Si nous avions su ce que ca allait devenir !!!


En tout cas y'a pas trop de place pour marcher ... largeur de 4 personnes pour passer la station !! (passage obligé) là ca va encore ... à la station 9, il faut passer un à un, le dos collé à la paroi....

là déjà c'est beaucoup, beaucoup plus dur !!! Allez ! Plus que 500 mètres .... en altitude !!!!

Et là, misère !! On a dépassé la 10e station, en chemin pour le sommet, la 11e station, on s'apercoit que le soleil commence à se lever !!!
Les lumières que vous voyez en bas ce n'est pas une station, mais simplement les gens qui montent


Et toujours cette file interminable devant ... impressionnant ... !!
Comme à Disney gauche, droite, gauche, droite ca zigzague ... mais avec l'etroitesse des files de Disney aussi !


Et toujours ce foutu gravier !!! (c'était ça la solution ... les chaussures de marche, pas les baskets)

Vous avez vu ce monde ??? oO C'est comme ça du haut en bas du volcan : on etait bien un milier !!!!

Enfin voilà, prisonnières de la file interminable qui menait au sommet, nous desesperions en voyant progressivement les lueurs de l'aube apparaitre. Quoi ! Tout ça, tout cet effort, pour ne PAS voir le soleil se lever du haut du sommet du Mont Fuji ?

Puis, soudainement, un fait extraordinaire, un miracle, même, s'est produit : la file a disparu !
Les gens se sont installés sur les bords du chemin, certains ont accedé au sommet, mais quelle que soit la raison, la file s'était desépaissie, et laissait voir le sommet !
Alors encore, l'impensable s'est produit. Pendant 7h, 8h, nous avons monté sur ce volcan, dans le froid, sans le matériel adéquat, dans la fatigue des nuits et des journées précédentes, coincées dans des files interminables qui nous maintenaient dans les vents froids, et pourtant, nous avons couru. Couru aussi vite que possible, couru pour atteindre le sommet à temps. Couru pour pouvoir toucher la porte rituelle de ce sommet, avant que le soleil ne passe au dessus des nuages.
Et nous y avons réussi. Nous avons touché ce bois mythique, mystique même, qui symbolisait tant pour nous.
Je ne regrette pas de n'avoir pas monté le Mont Fuji en un temps "record". Le fait d'avoir vécu cette expérience, ce recours aux dernières forces, alors qu'on n'en peut plus, et que l'on pense que tout est fini, vaut tous les records du monde.
Alors nous nous sommes installées bien en hauteur. Et nous l'avons vu. Le soleil.
Une femme que nous avions vu la veille et qui revenait du Mont Fuji nous avait dit : "Le soleil là haut est vraiment magnifique. Pas seulement à cause de la pureté de ce soleil au dessus des nuages, mais aussi pour ce qu'il symbolise : oui, je l'ai fait !".
Plus que cela, plus que l'effort aussi, c'est aussi la sortie des ténèbres. Marcher, monter, escalader pendant 8h, dans la nuit, pour finalement, au bout, voir la lumière, n'est-ce pas le plus beau des symboles ?

Au dessus des nuages, le soleil se levait ...



Le voilà ! Il arrive !

et la Lumière fut ...


Et le monde fut baigné dans une douce chaleur

On l'a fait !!

La fameuse porte ...
























La preuve qu'on l'a fait : le bâton, brulé avec le sceau du Mont Fuji !

Emerveillement et Regards

Bon ben ... maintenant faut repartir ! Et comme pour monter, y'a du monde !!

On dirait le Mordor au Paradis ...


Au final, nous sommes redescendues tant bien que mal, dans la soif, puisque sans eau. La descente nous a pris 4h, sous un soleil de plomb. Arrivées en bas, nous avons repris le bus (après que je me sois faite piquer par une abeille sur la fesse ... sans commentaire) et direction la gare centrale d'où nous avons pris un second bus, qui nous a conduit à Tokyo.

Arrivées à Tokyo, nous avons pris un taxi (mauvais souvenir, il nous a trimballées à travers tous les quartiers de Tokyo nous faisant payer un prix exhorbitant) pour rentrer au dormitory.

Sortie du bus, douleur à la jambe pour moi. Pendant une semaine, impossible de poser le talon par la suite, et les douleurs perdurèrent 2 semaines encore. Au retour, mon médecin m'apprendra que je suis descendue du Mont Fuji avec une inflammation des tendons liés aux muscles jumeaux c'est à dire des tendons du genou et le tendon d'Achille ...

Un souvenir cependant inoubliable, que nous n'avons pu partager avec notre groupe, car nous l'avons perdu de vue à la 8è station.
Notre cri de ralliement était "Moskau", la chanson de Dschinghis Khan, que nous avons chanté tout du long du périple de 2 jours à Hakone Fuji.
Il restera toujours pour moi le symbole de notre ascension du Mont Fuji.




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